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9 ans...

therapeutedelphine
17 janv.
2 min de lecture

Déjà neuf ans aujourd’hui que tu es parti.


Neuf années qui, sur le papier, devraient m’amener à parler du vide que tu as laissé, de l’absence qui pèse, des questions restées sans réponses, des larmes étouffées, des gestes suspendus, sans âme pour les recevoir. Normalement, c’est de cela que je devrais parler.


Mais ce n’est pas ce que j’ai envie de dire aujourd’hui.


Car la vérité est ailleurs.


La vérité, c’est que nous n’avons pas su nous rencontrer pleinement dans nos âmes incarnées. Nous nous sommes déchirés, mal compris, parfois rejetés. Nous avons trébuché l’un contre l’autre. Et pourtant… nous nous sommes aimés d’un amour immense, brut, maladroit, mais profondément réel. Il m’a fallu traverser ces neuf années pour en prendre pleinement conscience. Il t’a fallu partir pour que quelque chose puisse enfin s’apaiser, se relier, s’éclairer. Pour qu’une compréhension naisse, pour qu’une acceptation devienne possible, pour que notre histoire cesse d’être mouvante et trouve enfin sa place, gravée dans la pierre.


Il n’y a que toi et moi pour savoir ce qu’il s’est réellement passé durant ces neuf années. Et même si j’essayais de l’expliquer, je n’en aurais jamais les mots justes. Je ne récolterais que des regards perplexes, de l’incompréhension, des silences. Mais cela n’a aucune importance. Parce que toi et moi, nous savons. Et cela suffit.


La seule chose que je peux dire aujourd’hui, c’est que tu t’es définitivement envolé il y a quelques mois. Et dans ce départ-là, tu m’as laissé une phrase, simple et immense à la fois :


« Maintenant, il faut vivre. »


Alors oui, je t’en fais la promesse.


Je sais, au plus profond de moi, que c’est ici et maintenant que tout change. Je le ressens viscéralement. Comme une porte qui s’est ouverte en moi. Comme une respiration nouvelle, enfin possible. Je vais vivre pour moi. Je vais cesser de porter ce qui m’alourdit, ce qui me tire vers le bas. Je ne laisserai plus la peur de déplaire, la peur d’être jugée, la peur d’être “la méchante” guider mes pas. Je continuerai, encore plus intensément, à écouter mon cœur — parce que je ne sais pas faire autrement — mais cette fois sans culpabilité, sans cette crainte permanente de mal faire.


Oui, je vais vivre pleinement ce qui m’est offert aujourd’hui sur mon chemin. Parce que je sais que c’est le plus beau des cadeaux.


Et au plus profond de moi, je garderai toujours cette chance inestimable de t’avoir eu comme père. Avec tes névroses et tes éclats de rire. Tes doutes et tes forces. Tes faiblesses, tes joies, tes maladresses. Quelle chance d’avoir eu un père aussi atypique. Un père qui, sans toujours le savoir, m’a offert la possibilité de traverser mille et un chemins, d’ouvrir mille et une portes. Un père qui a permis à mon esprit de s’éveiller à d’innombrables histoires, cultures, regards sur le monde.


Tu es en moi.

Et aujourd’hui, je vis.


Repose enfin en paix


 
 
 

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